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Racing 92 : vers où aller ?

  • 31 déc. 2024
  • 3 min de lecture

C’est officiel : Laurent Labit quitte le Racing 92 après 10 années de bons et loyaux services. Il sera remplacé en avril prochain par Arnaud Tourtoulou. Ce changement à la tête de l’organigramme pourrait bien marquer la première étape d’une reconstruction en profondeur pour le club francilien.


Credit photo : photo Sipa
Credit photo : photo Sipa

Autopsie d’un club malade 

Avant de parler de reconstruction, il est essentiel d’analyser les causes des difficultés actuelles du Racing. Ce changement au sommet de l'organigramme ne serait-il pas la première étape d’une reconstruction pour le club francilien ?


Transfert perdant

Ces dernières années, le Racing 92 ressemble davantage à une plaque tournante où joueurs et entraîneurs vont et viennent. Les exceptions, comme Henry Chavancy, qui a fait du Racing le club de toute sa carrière, se font rares (même si elles existent encore). La politique actuelle est différente : attirer des stars de classe mondiale comme Finn Russell, Siya Kolisi, Josua Tuisova, Owen Farrell, et bien d’autres. L’objectif ? Gagner rapidement, peut-être trop rapidement.

Cependant, cette stratégie de recrutement ne s’est pas révélée fructueuse. Finn Russell, malgré son immense talent, quitte le club sans avoir remporté de titre majeur. Siya Kolisi n’a fait qu’un passage éclair. Owen Farrell peine à trouver sa place, et le Racing ne figure même pas dans le Top 6 à mi-saison — une situation inédite pour un club habitué aux phases finales depuis sa montée dans l’élite en 2009. Pourtant, aucun autre club français n’a recruté autant de stars ces dernières années.

Avec ces incessants allers-retours, le Racing 92 semble en quête d’une identité qu’il peine à retrouver.


Une identité perdue

Certes, les recrutements des dernières années visaient à apporter du caractère, à l’image de l’arrivée de Siya Kolisi, capitaine emblématique des Springboks. Mais le départ précipité du Sud-Africain met en lumière les limites de cette stratégie. Ce n’est cependant pas le seul problème du club.

En 2018, le Racing quitte le mythique stade Yves-du-Manoir pour s’installer dans la flambant neuve Paris La Défense Arena. Le souci ? Cette enceinte est également une salle de spectacle. Entre concerts et autres événements, elle est parfois indisponible, obligeant le Racing à délocaliser ses matchs.

S’habituer à un nouveau "chez-soi" tout en passant une partie de son temps "à l’hôtel" : voilà une métaphore qui résume bien le sentiment des supporters du Racing. L’Arena, perçue comme moins conviviale que Colombes, peine à séduire. Cette instabilité se reflète dans les performances à domicile : le Racing 92 est cette saison la 12ᵉ équipe du championnat à domicile.

Tout semble aller de travers à Nanterre. Pourtant, en fin d'année, le club occupe la 9ᵉ place du Top 14 et reste à 6 points des places de barragistes. Tout n’est donc pas à jeter, mais une question persiste : comment relancer la machine ?


Assumer sa reconstruction

Depuis son titre en 2016, le Racing 92 n’a jamais réussi à retrouver la finale du Top 14. Ce sacre, décroché il y a huit ans, a marqué la fin d’un cycle : celui des Szarzewski, Nyanga, Le Roux, Goosen, Rokocoko, et bien d’autres. Mais après un tel cycle, il est souvent nécessaire de repartir sur de nouvelles bases, en s’appuyant sur les piliers fondamentaux d’un club : ses supporters, ses jeunes talents, et sa passion. C’est ce qu’ont su faire Toulouse, Bordeaux, La Rochelle, ou même Clermont.

Pourtant, au Racing, la pression des résultats a semblé freiner cette reconstruction. La stratégie des stars s’est poursuivie dans l’espoir de succès immédiats. Mais ce pari, souvent trop précipité, a empêché une véritable refondation après les belles années passées. Résultat : le club donne l’impression de tourner en rond, avec chaque saison une nouvelle star remplaçant une autre, mais sans réels progrès sportifs.

La solution pourrait résider dans l’acceptation d’un projet de reconstruction à long terme. Un projet qui s’appuierait sur la formation de jeunes talents, épaulés par des cadres expérimentés, et un système de jeu clair et cohérent. Ce modèle, qui a fait la force du Racing dans le passé, demande patience et humilité.

Il s’agirait d’assumer une période de transition, même si cela signifie des résultats immédiats moins éclatants, pour bâtir un projet solide et durable. D’ailleurs, du côté du stade, le club semble sur la bonne voie : le Racing 92 envisage un retour à Yves-du-Manoir, quitté en 2016 mais désormais rénové pour les Jeux Olympiques.



Par Matthieu Braguet

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