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Les Springboks ont-ils espionné les Lions ?

  • 9 juil. 2025
  • 3 min de lecture

En 2021, les Lions britanniques et irlandais, menés par Warren Gatland, se rendent en Afrique du Sud pour affronter les franchises locales et, bien sûr, les puissants Springboks. Lors d’un match contre les Antilopes, les Lions testent une toute nouvelle combinaison impliquant leur paire de centres. Mais à la surprise générale, Lukhanyo Am, le centre des Sharks, lit parfaitement le lancement… comme s’il le connaissait déjà.

En juillet 2024, dans une tribune publiée dans The Telegraph, Warren Gatland laisse entendre que les Boks dirigés par Rassie Erasmus auraient espionné son équipe. Retour sur une affaire brumeuse, entre huis clos, longues focales et guerre psychologique.


Les accusations de Gatland

En pleine pandémie de Covid-19, les Lions doivent s’entraîner à l’école d’Hermanus, une petite ville côtière sud-africaine, à 90 minutes du Cap. La logistique est compliquée, comme le raconte Gatland :

« Bien que des agents aient surveillé les sites potentiels où des caméras auraient pu être placées, ils ne pouvaient pas faire grand-chose. »

C’est après le premier test, lorsqu’Am anticipe un mouvement encore jamais testé en match, que le doute s’installe. Puis arrive la photo : Rassie Erasmus, en “waterboy”, tient une feuille où figureraient certains des lancements de jeu des Lions.

À partir de là, les entraînements sont déplacés à l’extérieur, loin des regards indiscrets. Mais les soupçons persistent. Gatland poursuit :

« Ils utilisaient un objectif à longue portée pour nous filmer depuis un endroit proche. »

Selon lui, une maison surplombant le terrain aurait été louée pour l’occasion, avec une caméra discrètement installée pour capter les séances.

« C’était rageant. Vous partez en tournée avec des combinaisons et des options… Mais si l’adversaire les connaît déjà, il peut facilement les défendre. »


La défense d’Erasmus

Actif sur les réseaux sociaux, Rassie Erasmus répond avec l’ironie qui le caractérise :

« Zut, ils arrivent à déchiffrer notre plan de jeu en afrikaans ! Bravo à vous ! Grand espionnage. »

Plus sérieusement, il affirme avoir reconnu ce lancement de jeu dans des vidéos du Pays de Galles, dont Gatland était également sélectionneur. Pour lui, ce n’est pas de l’espionnage, mais simplement du bon travail d’analyse.

Il précise que le mouvement avait déjà été utilisé par les Gallois plus tôt dans l’année, et loue la lecture de jeu de son centre :

« Lukhanyo a tout simplement lu parfaitement la situation. Toutes les sources ne sont pas crédibles. »



La contre-attaque des Boks

Erasmus en profite pour évoquer un épisode survenu à l’automne 2021. En tournée au Royaume-Uni, les Springboks logent dans un hôtel lors de leur série de test-matches face au Pays de Galles. Deux fois, ils sont évacués en urgence à cause de la pandémie.

Selon Erasmus, certaines informations sensibles auraient alors été compromises :

« J’ai entendu dire par une source dans le camp gallois que pendant notre évacuation, toutes nos notes et tous nos plans avaient été photographiés, et les feuilles du tableau blanc, prises. »



Rugby ou guerre de l’ombre ?

Difficile de trancher. Les preuves sont maigres, les sources opaques, et les accusations se renvoient la balle. Une chose est certaine : Warren Gatland et Rassie Erasmus ne se font aucun cadeau.

Plus qu’une simple série de test-matches, cette tournée 2021 reste comme un épisode tendu entre deux maîtres du jeu, qui ne regardaient pas seulement le ballon.



Matthieu Braguet


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