Le naufrage rochelais ?
- 24 mars 2025
- 3 min de lecture
En grande difficulté pendant la période des doublons, où ils n’ont pris que 2 points sur 15 possibles, le Stade Rochelais retrouvait ses internationaux ce week-end contre Castres. Et si Paul Boudehent s’est avéré décisif à la 15e minute en marquant le second essai jaune et noir, le retour des trois mousquetaires (Alldritt, Boudehent et Jégou) en troisième ligne n’a pas suffi. Tenus en échec à domicile par Castres, les hommes de Ronan O’Gara n’ont pas retrouvé leur ADN. Pas aidés par la pluie ce samedi, les Maritimes n’ont pas brillé par leur panache contre le CO.

Manque de profondeur ?
Le Stade Rochelais semble payer les pots cassés d’un recrutement insuffisant. En effet, seul le deuxième ligne Kane Douglas est arrivé en Charente-Maritime à l’intersaison. Un seul renfort pour une équipe visant le titre, c’est trop peu. Avec les espoirs comme seule solution, le pari forcé sur la jeunesse ne prend pas. En manque de leaders – blessés, en sélection ou en méforme – les minots rochelais ne sont pas dans la meilleure des positions pour performer. Malgré des diamants bruts en réserve, le club manque de cadres capables d’être au top en tout temps, à l’image d’un Jack Willis à Toulouse, qui emmène la jeunesse toulousaine et l’aide à performer.
Un jeu malade
Et même si ces talents existent, à l’instar de Simeli Daunivucu ou encore Hoani Bosmarin, les Rochelais sont incapables d’exploiter ces armes. Pas aidés par un pack en souffrance, notamment dans les secteurs de la conquête, les trois-quarts rochelais peinent à briller ces derniers temps. Pire encore, les Maritimes semblent presque perdre leur jeu : limités par leurs propres fautes, ils balbutient leur rugby. Peu agréables à voir jouer, ils perdent de leur superbe et inquiètent de plus en plus.
Un pack moins solide
La conquête est un élément clé du rugby, essentielle aux lancements de jeu et véritable dynamiteur d’attaque. Or, à La Rochelle, mêlée et touche sont en net recul. À l’image de la conquête, la défense faiblit : le « mur de l'Atlantique » semble bien loin de ses plus belles années. Pour preuve, même le manager castrais Xavier Sadourny s’est permis de déclarer : « C’est rare d’être aussi dominants en conquête à La Rochelle ». Un signe que la situation rochelaise est préoccupante. Autrefois cœur du jeu maritime, la conquête est aujourd’hui en souffrance.
Où regarder ?
Crise ou pas crise ? Top 6 ou maintien ? Que vise réellement le Stade Rochelais ? Toujours en course pour le Top 6 mais menacés par leurs concurrents, les Maritimes ne semblent pas vraiment savoir où se situer. Ce week-end, leur capitaine Grégory Alldritt déclarait : « Je pense à me qualifier, pour être honnête. Je préfère regarder vers le haut et essayer de me tirer vers le haut plutôt que d’être effrayé par le bas et de jouer avec la peur de perdre. » Un discours de leader, mais qui contraste avec les propos de son manager quelques semaines plus tôt : « On est dans une crise. Si l’on n’est pas fort mentalement, on peut encore chuter plus. »

Le Stade Rochelais se trouve donc dans une position inconfortable. La prochaine journée contre l’ASM pourrait bien être un tournant pour l’une des deux équipes. Mais une question demeure : les doubles champions d’Europe vont-ils retrouver les sommets ?




Commentaires