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Clermont prend la foudre bayonnaise !

  • 14 juin 2025
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 14 juin 2025

Pour lancer ces phases finales, la forteresse de Jean-Dauger recevait les guerriers auvergnats pour un barrage aux allures de duel inattendu. D’un côté, les Bayonnais disputaient leur tout premier match de phase finale. De l’autre, les Clermontois, plus habitués à ce genre de rendez-vous, mais eux aussi inattendus tant la saison des hommes de Christophe Urios fut en demi-teinte. Invités de dernière minute, les Jaune et Bleu n’étaient pas les grands favoris à cette 5e place en début d’année…


Sous la pluie basque, les 30 acteurs de la rencontre vont rapidement annoncer la couleur. Entre jeu au pied, percussions et conquête, il fallait s’attendre à un match stratégique et engagé. Un match où l’occupation et la conquête allaient être deux facteurs essentiels.

D’entrée, ce sont les Bayonnais qui dictent la partie, avec une excursion dès la 9e minute dans les 22 mètres adverses. De son côté, Clermont démarre bien, mais la maladresse d’un Benjamin Urdapilleta méconnaissable fait mal. Et même si Bayonne ne marque pas, les Basques tiennent le ballon. Tant dis pendant que les Jaunards subissent, leur défense, elle, résiste. À plusieurs reprises, les Auvergnats vont annihiler les occasions adverses. La première fois sur un maul à la 11e minute, une deuxième fois à la 16e sur une nouvelle offensive, qui se clôturera sur une mésentente entre Tiberghien et Spring.

Et si après 20 minutes de jeu, on peut saluer les qualités défensives clermontoises, on peut aussi constater l’immense domination territoriale des Bayonnais. Après 30 minutes, ces derniers mènent déjà 6-3 grâce à la botte de Joris Segonds, mais surtout, ils ne sont absolument pas inquiétés par leurs adversaires.

Clermont ne voit pas le jour dans cette première demi-heure. Le rayon de soleil ne vient pas. Pourtant, c’est bien la pluie qui devient "l’amie" des Jaunards. Dans de telles conditions, impossible de dérouler. Résultat : après 40 minutes de douleur, Clermont n’est mené que de 6 points. Un écart tout à fait convenable pour des Auvergnats capables de se réveiller en seconde période… comme un volcan.

Mais les Bayonnais vont entamer ce second acte comme ils avaient terminé le précédent : par une excursion dans les 22 mètres adverses. Rapidement, ces offensives se répètent et la domination basque s’accentue. Les ingrédients sont les mêmes : Bayonne tient le ballon, occupe, avance. Trois recettes simples qui vont permettre aux hommes de Grégory Patat de scorer à la 56e minute sur un débordement de Tom Spring.

Après ça, Clermont ne va plus exister. Et même si un essai refusé assez sévèrement fera parler, la décision reste anecdotique tant les Jaunards n’auront pas eu les armes et les munitions pour s’imposer à Bayonne. Venus les armes à la main, les héritiers de Vercingétorix ont été pris dans le piège basque.

Le match s’achève donc sur le score de 20 à 3 en faveur des Bayonnais, qui auront su manier leur terrain et la météo pour s’illustrer de la meilleure des manières.



Tiberghien, impérial !

Connaissez-vous la Tiberghien Airlines ? C’est normal, ça vient d’ouvrir. L’arrière bayonnais a été vu sur le terrain en train de voler au-dessus des Clermontois. Plus sérieusement, l’ancien Jaunard aura dominé les airs tout au long de la partie. Dès la 15e minute, le natif de Bayonne s’illustre en allant chercher un ballon au-dessus de tout le monde. Ultra précieux, Cheikh Tiberghien aura permis aux siens de dominer dans un secteur primordial.

Sous une pluie pareille et un vent capricieux, les Clermontois avaient fait le choix de la dépossession en allumant l’arrière-garde bayonnaise. Un choix réfléchi quand on connaît la taille de Mateo Carreras (1m72), mais l’ancien de la maison est venu contrecarrer les plans auvergnats.

Stats complètes de Cheikh Tiberghien :

  • 8 courses

  • 9 coups de pied

  • 1 50-22

  • 5 passes

  • 54 mètres parcourus ballon en main

  • 1 offload

  • 2 défenseurs battus



Pas touche, c’est mon ballon !

Segonds ou Lopez, Lopez ou Segonds… peu importe, les deux hommes ont harcelé les triangles arrière des Jaunards. Un coup à gauche, un coup au centre, Alex Newsome ne savait plus où donner de la tête. Dépassés par la qualité du jeu au pied bayonnais, les Auvergnats ont été acculés dans leur camp pendant presque toute la rencontre. Avec plus de 70 % du match disputé dans les 50 mètres clermontois, les Bayonnais ont survolé la bataille de l’occupation.

Privés du ballon et peu efficaces dans leurs sorties de camp, les Auvergnats n’auront vu les 22 mètres adverses qu’à trois reprises… contre 19 pour Bayonne !

L’occupation aura donc été fatale à Clermont, qui se sera fatigué à simplement garder la tête hors de l’eau. Mais les Basques ne sont pas les seuls responsables. En effet, l’ASM a commis pas moins de 15 pénalités. Additionnées au coup de canon de Joris Segonds, chaque faute auvergnate devenait un ballon dangereux. À l’inverse, les Jaunards n’ont pas su profiter de leurs quelques munitions pour respirer.

Constamment asphyxiés par la pression bleu ciel, les coéquipiers de Baptiste Jauneau n’ont jamais vraiment sorti la tête de l’eau. Ils se sont même, par moments, compliqués la tâche.



Bayonne, roi de la conquête !

Sous de telles hallebardes, la conquête met tout le monde d’accord. Devenu une référence en Top 14, le maul clermontois était dans toutes les bouches avant le match. Mais ce dernier s’est fait bien discret. Et si la touche des Jaunards s’est montrée fiable, à l’image de sa tour de contrôle Thomas Ceyte, le maul, lui, n’a pas aimé la pluie. Bien défendu par des Bayonnais qui ont systématiquement forcé leurs adversaires à aller au sol, les mauls jaune et bleu n’auront pas pesé sur la rencontre.

Côté mêlée, même constat. Pas forcément au-dessus physiquement, les Bayonnais ont fait le dos rond face à des Clermontois dans l’avancée. Mais une faute de plus, un manque de maîtrise, et la frustration clermontoise a pris le pas. Entre poussées anticipées et poussées en travers, les Jaunards n’ont pas su capitaliser en mêlée.

Maîtrisés en conquête sans être totalement dominés, les Auvergnats n’ont jamais su passer outre la mainmise de leurs adversaires. Toujours canalisés, les avants jaune et bleu n’auront pas eu assez de ballons pour combler leur retard par le jeu.



Jean-Dauger, théâtre des rêves !

Au-delà du sportif, ce match fut spécial à bien des niveaux. Le premier : l’environnement. Pour la première fois de son histoire, l’immense Jean-Dauger recevait un match de phase finale de Top 14. Et pour les grands moments, il faut faire les choses bien. Le public bayonnais l’a bien compris. La mythique Pena Baiona entonnée par le stade avant le match n’a laissé personne de marbre, et durant toute la rencontre, le 16e homme aura donné une énergie supplémentaire à ses joueurs.

Des joueurs qui, sous une pluie sombre, ont su transcender des conditions météorologiques catastrophiques pour se sublimer.

Entre amour du public et péripéties, certains joueurs retrouvaient leurs anciennes équipes ou découvraient leur futur…

Lopez, Ceyte, Tiberghien, Iturria, Fischer… tous ont des liens d’attache dans les deux clubs, ce qui a rendu l’atmosphère de ce match un peu plus spéciale qu’un simple barrage.


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