Arbitrage Français : la tête pas si intouchable ?
- 10 janv. 2025
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Alors que la tête était une zone intouchable de tout contact il y a encore quelques mois, ces derniers temps, un bon nombre de cas de contacts à la tête ou de jeu dangereux ont été observés sur nos pelouses de Top 14, avec des sanctions parfois surprenantes. Y a-t-il un virage de la part des arbitres vis-à-vis des contacts à la tête ?

Un Changement de point de vue
Il y a encore quelques mois, lorsqu'il y avait un choc à la tête, l’arbitre de champ ainsi que l’arbitre vidéo recherchaient à travers les images d’éventuelles circonstances atténuantes claires. En 2023, lors de la 11ᵉ journée, Thomas Lavault, joueur du Stade Rochelais, écope d’un carton rouge pour un déblayage dans la tête du jeune Mathis Castro Ferreira. À l'époque, l’arbitre de la rencontre, Ludovic Cayre, annonce un choc direct à la tête, justifiant ainsi le carton rouge, la sanction ultime pour le deuxième ligne rochelais.
Cette année, lors de la 13e journée, sur la pelouse de la U Arena du Racing, le deuxième ligne international Romain Taofifenua effectue un déblayage plutôt rugueux à la 61ᵉ minute du match contre Lyon. Sur l’image transmise par l’arbitre vidéo, on distingue un contact épaule-tête. Pour rappel, le rugby a connu une grande phase de transition vis-à-vis des chocs à la tête, qui causent encore trop de commotions chaque année. Mais, à la grande stupeur du stade, Romain Taofifenua ne reçoit aucun carton. Vivien Praderie, arbitre de la rencontre, justifie son choix par la présence de deux circonstances atténuantes, malgré le contact épaule-tête clair.
Une année sépare les deux cas de figure, et pourtant tout a changé. Ici, le but n’est pas de critiquer les décisions arbitrales ou d’apporter un autre point de vue, mais d’analyser les démarches et les circonstances qui font que Taofifenua et Lavault n’ont pas connu les mêmes sanctions.
Ici, il est question de point de vue. Dans le premier cas de figure, les arbitres cherchaient à établir s’il y avait un contact à la tête ou non. Dans le deuxième cas, les arbitres cherchent avant tout les circonstances atténuantes. Désormais, on semble rechercher en permanence ces circonstances atténuantes, ce qui peut considérablement réduire les sanctions, alors qu’il y a encore quelques mois, la notion de circonstances atténuantes était moins présente.
Les circonstances atténuantes trop faciles ?
Désormais, lors de chaque jeu déloyal, les arbitres recherchent des circonstances atténuantes qui peuvent être diverses, par exemple l’intensité plus ou moins forte, s'il y a déjà un plaquage, si le joueur se baisse ou autre. Mais, tout d’abord, les circonstances atténuantes ne sont-elles pas trop faciles ? Par exemple, quand un joueur est en train de plaquer, c’est une circonstance atténuante, même si cela n’a aucune influence sur le niveau du joueur fautif. Ainsi, si un joueur victime d’un jeu déloyal est en train d'être saisi par un autre joueur, la sanction peut être réduite d’un cran. N’est-ce pas trop simple ? D’autant plus que les circonstances atténuantes sont cumulables. Si une situation cumule deux circonstances atténuantes, la sanction peut varier d’un carton rouge à une simple pénalité.
Ces derniers temps, les décisions arbitrales évoluent concernant les contacts à la tête, tant dans leur point de vue que dans les observables.
Par Matthieu Braguet




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