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Grenoble dans le brouillard …

  • 2 oct. 2025
  • 3 min de lecture

Triple finaliste malheureux de Pro D2, Grenoble vit ces derniers temps une période trouble. Entre menace de grève, mise à l'écart d’un membre du staff, déclarations houleuses du président et prise de parole du syndicat des joueurs, l'ambiance dans la formation iséroise est loin d’être au beau fixe.



“C’est une faute professionnelle …”

Aux alentours de la 16e minute du match entre Brive et Grenoble, vendredi soir dernier, le séisme trouve son épicentre. Le pilier sud-africain du FCG sort du terrain pour saignement. Dans ce cas, le médecin dispose de 15 minutes pour stopper l’hémorragie, faute de quoi le remplacement devient définitif.Le médecin grenoblois prend alors en charge son pilier droit. Mais le sang coule trop fort et le soigneur échoue à refermer la plaie dans les temps. Agacé par la situation, le co-entraîneur isérois, Nicolas Nadau, s’en prend à son médecin. Les caméras de Canal+ captent les propos crus de l’ancien clermontois : “Il faut lui dire, c’est une faute professionnelle là ! Mes cou***es putain !”Non loin du banc grenoblois, le médecin du match consigne ces propos dans son rapport.


Nadau mis à pied provisoirement

Ce mardi, le président grenoblois, Patrick Goffi, décide, après avoir pris connaissance du rapport, de mettre à pied provisoirement son co-entraîneur.Contacté par Midi Olympique, il déclare : “J’ai vu le rapport du médecin de la LNR. Il est très clair et précis sur les termes qui mettent en faute notre entraîneur. Il y est question de propos inadmissibles envers notre médecin de club. Cela constitue une faute et le club a pris la décision d’une mise à pied à titre conservatoire.”Clair et ferme, le président soutient son médecin et campe sur sa décision.


Menace de grève …

En Isère, la crise prend des allures de rébellion. Dans la foulée de l’annonce de la mise à pied de Nicolas Nadau, les joueurs grenoblois boycottent la séance du mardi. Pire encore, ils menacent de faire grève lors de la réception d’Aix-en-Provence ce vendredi (21h).Cette menace illustre le fossé grandissant entre la direction et l’effectif, soudé derrière Nicolas Nadau. Véritable coup de théâtre donc en Isère.Le président grenoblois ne dévie pourtant pas de sa ligne : "Qu’il y ait une grève ou pas des joueurs ne changera rien. La position du club est claire : les commentaires de notre entraîneur pendant la rencontre à Brive sont inadmissibles. M. Nadau est convoqué et sera reçu en entretien vendredi. Il pourra alors s’en expliquer."Entré en opposition frontale avec ses joueurs, Patrick Goffi va jusqu’à dénoncer leurs méthodes :“Mais menacer les instances dirigeantes d’une grève, ce n’est pas la bonne chose à faire pour qu’une solution positive soit trouvée à cette situation, d’abord dans l’intérêt de Nicolas Nadau."


Provale au soutien des joueurs

Dans ce bras de fer, le syndicat des joueurs, Provale, présidé par Malik Hamadache, prend position. Dans un communiqué de deux pages, il apporte son soutien aux joueurs. Provale rappelle que les propos de M. Nadau sont inacceptables, mais critique vivement la manière dont le club gère la crise :“En l’absence de ce membre important du staff, nous avons constaté que les conditions ne sont pas réunies pour assurer le bon déroulement des séances d'entraînement.” Et de pointer plus largement la gestion du FCG :“Depuis plusieurs mois, les joueurs du FC Grenoble évoluent dans une atmosphère de travail qui ne nous semble pas conforme aux valeurs fondamentales du rugby ni aux standards professionnels attendus au sein d’un club de haut niveau.”


Les joueurs de retour à l'entraînement ?

Malgré les menaces et le soutien de Provale, les joueurs du FCG ont, selon Rugbyrama, bien participé à la traditionnelle réunion de début de journée ainsi qu'à la séance de musculation. Comme le staff, ils n’ont pas souhaité s’exprimer sur l’affaire.Toujours selon le média toulousain, le match de ce soir entre Grenoble et Aix-en-Provence devrait bel et bien se tenir.Reste à savoir si ce retour à l’entraînement suffira à calmer la tempête qui secoue le FCG, sur le terrain comme en coulisses.


La crise de trop ?

Autrefois pensionnaire du Top 14, le FCG peine à retrouver l’élite du rugby français. Gros poisson de Pro D2, le club aux trois roses a échoué trois fois consécutivement aux portes de son rêve, après avoir pourtant survolé à plusieurs reprises la saison régulière en 2023, 2024 et 2025. Mais ces échecs répétés semblent rattrapés par une série de polémiques extra-sportives : du procès et de la condamnation de trois anciens joueurs pour viol en réunion, aux difficultés financières qui ont conduit la DNACG à retirer trois points au club en 2022.Un enchaînement d’affaires qui, ajouté à cette crise ouverte, laisse planer une question : et si Grenoble vivait la crise de trop ?


Matthieu Braguet 


 
 
 

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